La mise en pratique des données probantes : une norme de qualité commune pour réaliser des changements durables

Par Mark Fraser, directeur général de Boussole, coprésident du Comité consultatif sur les normes de qualité du traitement en établissement

Depuis plus d’une décennie, j’observe les services de traitement en établissement prendre de grands virages et subir des changements importants, et j’ai pu constater par moi-même tout le travail nécessaire pour offrir de meilleures expériences et de meilleurs résultats aux jeunes et à leur famille. 

Toutefois, j’ai également constaté les différences considérables qui peuvent être observées d’un programme à l’autre en matière de traitement. 

À titre de clinicien, j’ai aiguillé des enfants et des jeunes vers des programmes partout dans la province. Ces derniers comportaient chacun ses forces, ses démarches et ses orientations qui différaient d’une place à l’autre. La diversité des programmes de traitement en établissement peut s’avérer être un atout. Cette dernière soulève cependant une question importante : sur quoi chaque jeune et chaque famille devraient pouvoir compter, peu importe le lieu où le traitement est reçu? 

C’est la raison pour laquelle j’estime que la nouvelle norme de qualité sur le traitement en établissement constitue une avancée importante. Elle offre aux programmes du secteur de la santé mentale des enfants et des jeunes un socle commun en matière de qualité, tout en laissant la place aux forces propres à chaque service. Pour les jeunes et leur famille, cela permet de préciser les soins, les services et le soutien auxquels chaque personne devrait pouvoir s’attendre, peu importe l’endroit où le traitement est reçu. Pour notre secteur et la province, elle crée une assise commune pour améliorer les soins, cerner les lacunes et œuvrer à offrir des expériences et obtenir des résultats plus uniformes et plus équitables aux quatre coins de l’Ontario. 

Toutefois, la valeur d’une norme dépend de sa mise en œuvre. La véritable occasion qui s’offre à nous aujourd’hui est de tirer parti de ce que nous avons bâti ensemble et de veiller à ce que cet effort s’intègre dans la façon dont nous offrons des traitements au quotidien. 

Établir un socle commun pour un traitement de qualité

Fondamentalement, cette norme de qualité nous permet de parvenir à une compréhension commune de ce à quoi correspond un bon traitement. Tous les programmes ne doivent pas nécessairement se ressembler. Toutefois, il existe des éléments fondamentaux de qualité qui doivent toujours les caractériser. 

Je compare cela à un véhicule. Il existe de nombreuses marques et de nombreux modèles différents, mais chacun doit être doté de certains composants essentiels pour assurer son fonctionnement en toute sécurité. La norme de qualité permet de s’assurer que ces composants essentiels sont bien réunis, quel que soit le lieu où les jeunes reçoivent un traitement en établissement. 

Pour moi, l’importance de ce socle commun revient aux jeunes et aux familles que nous aidons. Lorsqu’une famille est en quête de soutien, elle ne devrait pas avoir à se demander si le traitement offert est de grande qualité. 

La norme contribue à établir un cadre uniforme pour assurer la prestation de soins sécuritaires, équitables et axés sur la personne, tout en permettant aux programmes de s’appuyer sur leurs propres forces et de répondre aux besoins particuliers de leur communauté. 

Cet équilibre est essentiel. Nous souhaitons favoriser des traitements de grande qualité partout dans la province sans pour autant perdre l’expertise et les approches qui donnent à chaque programme toute sa valeur. 

De l’harmonisation à l’action

À titre de coprésident du Comité consultatif sur les normes de qualité, j’ai été frappé par le niveau d’engagement dont ont fait preuve les gens tout au long de ce processus. Plus de 50 personnes de l’ensemble du secteur se sont réunies au sein de ce comité pour examiner la norme, en discuter et la façonner. 

J’ai participé à de nombreux comités et initiatives tout au long de ma carrière, mais je n’ai jamais connu un processus tout à fait comme celui-ci, où un groupe aussi vaste de personnes s’est réuni et a collectivement apporté son soutien à une vision commune pour des traitements de qualité. 

À la lumière d’un tel niveau de passion et d’engagement, la dernière chose que nous souhaitons, c’est que cette norme soit reléguée aux oubliettes. Nous devons la voir se refléter dans la façon dont les programmes dispensent les soins, prennent leurs décisions et s’efforcent d’améliorer la qualité. 

Préciser le « pourquoi »

Dans notre secteur, il nous incombe de prendre ces attentes à cœur et de les mettre en pratique. Pour moi, cela signifie se poser la question suivante : Comment pouvons-nous intégrer cette norme à notre façon de travailler, plutôt que de nous contenter de l’évoquer?

À cela, je réponds que chaque jeune et chaque famille mérite d’avoir accès à un traitement de grande qualité, sécuritaire et axé sur la personne, peu importe son origine ou le lieu où il est reçu. À bien des égards, cette norme est une promesse : même si les programmes peuvent prendre différentes formes, la qualité fondamentale des soins auxquels les jeunes peuvent s’attendre ne devrait pas dépendre de leur code postal ni de leur identité. 

Cette norme a été élaborée intentionnellement pour s’ajouter aux normes cliniques et opérationnelles du Modèle ontarien pour l’accès au traitement intensif. Ensemble, elles constituent un fondement solide, harmonisé et clair pour un système coordonné et de grande qualité en matière de traitement en établissement, depuis le parcours global qui aide les jeunes à obtenir le bon niveau de soutien jusqu’aux normes qui régissent la qualité du traitement leur étant dispensé. 

Le travail qui nous attend

Après avoir observé l’évolution de ce secteur pendant plus d’une décennie, je suis optimiste quant à ce que représente ce moment. 

Nous avons l’occasion de réduire les disparités là où cela compte, de renforcer l’uniformité des traitements et de veiller à ce que les voix des jeunes et des familles continuent d’influencer la façon dont les services sont assurés. 

Le secteur a déjà accompli le travail difficile de se réunir pour définir une vision commune de la qualité. Nous devons maintenant intégrer ce travail au sein de nos organismes, de nos programmes et de nos décisions quotidiennes. C’est lors de la mise en œuvre que la norme commencera à façonner le système. 

En ma qualité de dirigeant dans le secteur, je considère que la mise en œuvre fait partie de nos responsabilités. Au sein de notre organisme, Boussole, on nous a confié la mission de veiller à ce que les enfants et les jeunes de nos communautés aient accès à des services de grande qualité. La norme de qualité nous donne un outil pour y parvenir.