Les conversations que nous avons ramenées à la maison

Réflexions des docteures Amy Porath et Kim Corace sur les enseignements tirés de leurs échanges avec des leaders du monde entier en matière de soins intégrés.


25 juin 2026

Les conversations que nous avons ramenées à la maison

Il peut s’en passer des choses autour d’une table en deux jours.

Des idées sont échangées. Des carnets se remplissent de réflexions et de quelques gribouillages. Quelqu’un met la main sur son téléphone pour prendre une diapositive en photo avant qu’elle disparaisse de l’écran. Et de temps à autre, une conversation nous fait lever les yeux parce qu’on vient de se rendre compte que quelqu’un à l’autre bout du monde décrit une situation difficile qu’on connaît très bien.

C’est arrivé plus d’une fois au cours d’un match de Global Leadership Exchange*, dont le thème était Ouvrir la voie : améliorer les soins intégrés en matière de santé mentale et de santé liée à l’usage de substances tout au long de la vie. Ce match a été organisé conjointement par l’Institut du savoir, le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances et le groupe d’entreprises Ember Korowai Takitini.

Avant que nous commencions officiellement le match, notre collègue Ruth Borrett chez Ember Korowai Takitini a présenté un principe maori, « Whakawhanaungatanga », qui est axé sur l’établissement de relations.

Nous n’avons pas commencé par les présentations. Nous avons commencé par les gens.

Nous avons parlé de qui nous sommes, de ce que nous faisons et des raisons qui nous amenaient à vouloir participer à ce match.

L’une des premières choses que j’ai remarquées, c’est la rapidité avec laquelle tout le monde s’est senti à l’aise. Les gens riaient, racontaient leurs histoires et plaisantaient en disant que certaines et certains d’entre nous faisaient ce travail depuis la maternelle.

J’étais en admiration devant la richesse de l’expertise dans la salle. Tout le monde est arrivé avec humilité et en ayant réellement le goût d’apprendre. Cette ouverture a influencé tout ce qui a suivi. 

— Amy Porath, directrice de la recherche et de la mobilisation des savoirs, Institut du savoir.

Pendant ces deux jours, nous avons parcouru le monde sans jamais quitter Ottawa.
Nos collègues de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, de l’Union européenne, des États-Unis et de partout au Canada ont donné un aperçu de leurs paysages des soins de santé mentale et de santé liée à l’usage de substances respectifs.

Les systèmes sont différents.

Cependant, la conversation revenait toujours aux mêmes questions :

  • Comment pouvons-nous faciliter l’accès des personnes aux soins dont elles ont besoin?
  • Comment pouvons-nous relier les services au lieu de les séparer?
  • Comment pouvons-nous bâtir un système qui ne laisse personne passer entre les mailles du filet?

Pendant les présentations et les discussions, j’ai été frappée par la similitude des défis d’un pays et d’un système à l’autre. Que nous parlions de fragmentation, d’approches de soins cloisonnées, de pressions exercées sur la main-d’œuvre ou de sources de financement, c’était souvent les mêmes obstacles qui revenaient.

Cette réalité commune est venue souligner l’importance de réunir des leaders pour qu’il leur soit possible d’échanger des idées, d’apprendre les un.e.s des autres et de faire avancer collectivement des approches de soins plus intégrées.

— Kim Corace, directrice scientifique et responsable de l’innovation, Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances

Lors de notre deuxième journée ensemble, nous avons rencontré des membres de l’équipe du programme de soins de santé mentale et de santé liée à l’usage de substances de l’Hôpital d’Ottawa.

Après de nombreuses heures à parler de soins intégrés, nous avons eu l’occasion de voir le programme en action.

Nous avons pu en savoir plus sur les relations qui sous-tendent le programme, la coordination qu’il nécessite et le travail quotidien qui le rend possible.

À bien des égards, nous sommes revenu.e.s au point de départ : les gens.

Quand est venu le temps de rentrer à la maison, nous sentions que le leadership, la générosité et le dévouement de toutes les personnes autour de la table nous avaient donné de l’énergie. Nous nous sommes fait des ami.e.s, nous avons créé de nouveaux partenariats et nous avons trouvé encore plus de raisons d’apprendre les un.e.s des autres.

Peu importe d’où nous venons, c’est ensemble que nous opérons des changements importants.

— Amy Porath et Kim Corace